Maison quatre saisons
Petit texte fabulatif, accroché à l’aile d’une hirondelle qui semble connaître le chemin.
On s’est bâti une maison à l’intérieur d’une saison. En fait, cette maison en constante mutation se bâtie d’elle-même, on ne fait qu’en découvrir les racoins un peu plus chaque jour. L’entrée est spacieuse, bien éclairée, avec de grands escaliers roulants qui s’activent au mouvement seulement. Pas besoin de système d’alarme, on entre dans cette maison aussi vite qu’on en sort. Si on ne fait pas attention, on ne se rend même pas compte qu’on y est entré. Le plafond est bien haut, les murs faits de coraux et les corridors multiples ne mènent nulle part ailleurs qu’ici même en ce moment. Des fois il pleut des fleurs dans la salle de bain. Elles sont blanches avec un peu de jaune au centre. La salle à manger a son chef particulier. Il a une cuisine multiethnique d’une variété sans fin. On n’a qu’à lui donner quelques morceaux de papier (qui n’arrêtent pas de changer de forme et de couleur) et il s’enflamme. Il a dans son garde-manger toutes les épices du monde. Pour s'inspirer, il sort au marché d’à côté et il va chercher ses ingrédients fraîchement cueillis pas bien loin. On s’assoie et on déguste, sur un coussin triangulaire, l’éclairage tamisé ou sur une petite chaise frette, ça ne fait pas grand différence.
On passe au salon. Situé au deuxième étage qui connecte directement avec le sous-sol, il est immense. On s’assoie dans un coin, le spectacle va commencer, kecak kecak kecak. Dans un autre coin, quelqu’un joue du Eric Clapton à la guitare; ça brasse un peu, on est dans un bateau après tout. Puis le DJ commence son set. La musique est smooth, les basses vibrent, le lounge est bien chill et on s’allonge. On commande une grosse bière, il ne reste rien d’autre dans le frigo. On plane un peu, le volume augmente. La pièce est devenue une plage d’un kilomètre de long. Ça fait boom boom boom, les pieds dans le sable, tout en sueur, un frisson dans le dos, les cheveux au vent, les yeux dans les yeux, la lune comme témoin… on s’endort. Il faut faire attention aux bed bugs par contre, ça peut faire des dommages.
Notre chambre avec vue sur la mer d’un côté est à deux minutes de la montagne, près d’un glacier, dans un parc dans le milieu de nowhere, en plein centre-ville, au 4e étage, #218, à côté d’un temple, toujours bien située. Elle s’agrandit et rapetisse au fil de ses humeurs, on la prend comme elle est. On se réveille assis dans une source d’eau chaude, à quatre heures du matin, on doit faire vite, les tortues vont bientôt se lever elles aussi. On prend un bon smoothie et on va faire un tour dans la cour arrière, il reste deux ou trois trucs à découvrir…
On s’est bâti une maison à l’intérieur d’une saison. En fait, cette maison en constante mutation se bâtie d’elle-même, on ne fait qu’en découvrir les racoins un peu plus chaque jour. L’entrée est spacieuse, bien éclairée, avec de grands escaliers roulants qui s’activent au mouvement seulement. Pas besoin de système d’alarme, on entre dans cette maison aussi vite qu’on en sort. Si on ne fait pas attention, on ne se rend même pas compte qu’on y est entré. Le plafond est bien haut, les murs faits de coraux et les corridors multiples ne mènent nulle part ailleurs qu’ici même en ce moment. Des fois il pleut des fleurs dans la salle de bain. Elles sont blanches avec un peu de jaune au centre. La salle à manger a son chef particulier. Il a une cuisine multiethnique d’une variété sans fin. On n’a qu’à lui donner quelques morceaux de papier (qui n’arrêtent pas de changer de forme et de couleur) et il s’enflamme. Il a dans son garde-manger toutes les épices du monde. Pour s'inspirer, il sort au marché d’à côté et il va chercher ses ingrédients fraîchement cueillis pas bien loin. On s’assoie et on déguste, sur un coussin triangulaire, l’éclairage tamisé ou sur une petite chaise frette, ça ne fait pas grand différence.
On passe au salon. Situé au deuxième étage qui connecte directement avec le sous-sol, il est immense. On s’assoie dans un coin, le spectacle va commencer, kecak kecak kecak. Dans un autre coin, quelqu’un joue du Eric Clapton à la guitare; ça brasse un peu, on est dans un bateau après tout. Puis le DJ commence son set. La musique est smooth, les basses vibrent, le lounge est bien chill et on s’allonge. On commande une grosse bière, il ne reste rien d’autre dans le frigo. On plane un peu, le volume augmente. La pièce est devenue une plage d’un kilomètre de long. Ça fait boom boom boom, les pieds dans le sable, tout en sueur, un frisson dans le dos, les cheveux au vent, les yeux dans les yeux, la lune comme témoin… on s’endort. Il faut faire attention aux bed bugs par contre, ça peut faire des dommages.
Notre chambre avec vue sur la mer d’un côté est à deux minutes de la montagne, près d’un glacier, dans un parc dans le milieu de nowhere, en plein centre-ville, au 4e étage, #218, à côté d’un temple, toujours bien située. Elle s’agrandit et rapetisse au fil de ses humeurs, on la prend comme elle est. On se réveille assis dans une source d’eau chaude, à quatre heures du matin, on doit faire vite, les tortues vont bientôt se lever elles aussi. On prend un bon smoothie et on va faire un tour dans la cour arrière, il reste deux ou trois trucs à découvrir…
Commentaires
Best,
Tim
Bravo! Vince.
Tu as un talent incroyable.
Tu écriras surement un roman un jour.
xxx
Rachou
@bientôt l'artiste.
Lio