Bali
Avertissement: Ce texte est plutôt long (pas game de le lire jusqu'au bout !) je vous donne le lien pour nos photos tout de suite. Photos.
Ces dernières semaines, on s’est fait réveiller par un tas de trucs le matin. Des grenouilles loquaces, des oiseaux polyglottes, des oies bavardes, des coqs défectueux (à 3h du mat !), des bébés braillards, name it. L’autre matin, c’était un peu différent.
Ce n’est pas un bruit qui nous a réveillé, mais rien de moins qu’un tremblement de terre. Un petit, puis un gros. J’avais le vague souvenir de cette sensation, je crois que c’était en 89 ou 90 au Québec. Mais ici à Bali, à Ubud spécifiquement, c’était autre chose. On avait vraiment l’impression d’être en équilibre sur quelque chose de fragile, tout tremblait et on avait la sensation que le sol était en mouvement, comme s’il était fait en pudding. On s’est levé carré, figés dans notre lit en bamboo qui se faisait aller d’un bord pis de l’autre ! On a eu le temps de se demander si ça allait empirer ou rester stable. À 6.4 sur l’échelle de Richter, je ne dirais pas que c’est resté stable, mais ça n’a pas empiré.
Le même matin, on partait pour un « road trip » en moto à travers cette île des Dieux. Sur notre petit scooter sur des routes pas faites pour rouler à plus de 50 km/h, on a commencé à gambader. Avec la map plus que sommaire de notre guide de voyage, on a dû s’arrêter souvent pour demander notre chemin. « Where you from? », « Where you go? », « How long in Bali? », « What’s your name? », « You married? ». Fait qu’on jase avec eux, tranquillement. Ils nous parlent de leur village, de leur famille, nous expliquent différentes cérémonies. Ils nous invitent à venir faire un tour chez eux, au mariage de quatre jours de leur cousin, à assister à une crémation, ils essaient de nous vendre des gogosses. Finalement, ils nous disent qu’on est à blablamachinbinloin, qu’il faut retourner sur nos pas de 17 km ! Ils sont vraiment, vraiment adorables… même la police qui nous arrête (pour renflouer leur poche), nous raconte des histoires avec le gros sourire et nous parle de la pluie et du beau temps !
Grosso modo, il y a seulement quatre prénoms à Bali. En fait, les Balinais prénomment leurs enfants dans cet ordre. 1er enfant : Wayan, 2e : Made, 3e : Nyoman, 4e : Ketut. S’ils en ont 5, ils recommencent à Wayan. De lire ça dans un livre, c’est drôle, c’est intriguant. De réaliser que vraiment tout le monde, gars ou fille, ont les mêmes quatre prénoms, c’est complètement surréel, en plus de la confusion que ça apporte !
On a pogné de la pluie en moto, dans des côtes apics de même. Tous nos membres étaient congelés, nous hypothermisions de froid frette. Il devait faire 16 degrés celcius, je vous dis, c’était sans nom !
On s’est aussi perdu. On voulait aller faire du trekking dans la brume, vraisemblablement l’activité #1 à faire à Munduk, dans les montagnes. On a suivi une petite trail croche sur une carte photocopiée en 1988. On s’est retrouvé devant un temple où environ 250 motos étaient rassemblées. On pensait qu’il y avait des combats de coqs à l’intérieur. En demandant ce qui se passait, on a compris que c’était du « dansing », fait qu’on est allé voir.
C’était pas ça, c’était du ganseng, un sport traditionnel balinais. Le concept est simple : un gars de l’équipe de bleus prend son fouet, l’enroule serré autour d’une grosse toupie en bois. D’un coup de fouet, il la fait tourbillonner sur le sable. Un gars de l’équipe des noirs, les BMW, fait la même chose, mais en garochant sa toupie sur celle des bleus pour la faire tomber. Trois autres joueurs de chaque équipe font de même et tout le monde attend. 250 Balinais qui regardent des toupies tourner pendant 7 longues minutes… wow ! Puis les bleus font un point, ou les BMW, on n’a pas bien compris toutes les subtilités du sport !
Après on s’est rendu sur la côte, au Nord. Le soleil nous attendait bien tranquille. On s’est levé avec lui une couple de fois, on l’a regardé aller se coucher chaque soir. On a rencontré des gens super trippants, beaucoup de Français et des Suisses.
Un matin, on s’est organisé un petit trip de pêche avec le petit frère du gars du guesthouse. On est parti avant le lever du soleil dans son petit bateau traditionnel. On s’est rendu au large en regardant le soleil illuminer le ciel avec toute sa palette de couleurs. Le genre de moment qui te donne la chair de poule, qui te fait prendre conscience de toutes les beautés de cette planète. Le genre de moment où tu es juste content d’être là où tu es, en ce moment, et qu’il n’y a aucun autre endroit où tu voudrais être.
On a mis les lignes à l’eau. Il fallait pêcher à la main, pas de canne, juste un gros fil. Ça a mordu, je pense que ce devait être une baleine-éléphant gargantuesque des profondeurs ou sa belle-sœur; c’était énorme. L’index voulait m’arracher, j’ai donné la ligne à ti-frère de l’autre. Soit qu’on était pris dans le fond ou que le vers a bouffé la femme d’Obélix, mais on a rien pogné ! Un peu plus tard, ça a mordu pour vrai. Un magnifique Mahi Mahi vert turquoise flash sautait hors de l’eau, attaché à ma ligne. Pour un poisson de plus de 24 pouces, il est sorti de l’eau très rapidement. Il a perdu sa couleur fabuleuse en 10 secondes une fois hors de l’eau. On a pêché 2 thons et 2 Mahi Mahi au total. En revenant au bord, on en a gardé un de chaque pour nos repas de la journée et on a fait cadeau du reste à notre guide. Au petit resto du bout de la rue, le Rasta Bar, ils nous ont offert de nous cuisiner ça sur le grill. Le chummy du frère de l’autre nous a concocté le festin avec des épices locales et on s’est régalé. Le thon était bon, mais le Mahi Mahi pour souper était certainement dans le top 3 des meilleurs repas de ces derniers 11 mois…
On a aussi fait deux ou trois activités locales après ça : de la plongée près d’un mur de corail, de la moto en bord de mer et à travers les rizières, on a grimpé un volcan de nuit, on s’est fiancé au soleil levant. Le genre de trucs bien simple qu’on fait à Bali quoi !


Commentaires
Félicitation mes petits tourtereaux. Je vous adore.
Ari xxxx
Ta souerette qui pleure!!!
Je voulais commenter sur le fait que ma collègue de travail revient d'aller se marier au Bali. Elle vient de la Nouzelle-Zélande et toute la famille est allée la rejoindre à Bali pour les festivités dans une villa. Le lendemain ou surlendemain de leur voyage, ils ressentaient le tremblement de terre dont vous parlez ! Ça avait l'air intense de la façon dont elle l'a raconté à son retour, donc je suis contente que vous êtes ok !
Cath M.