Laos I
Traverser la frontière du Vietnam au Laos par Dien Bien Phu semblait une super idée sur papier. C’est le poste frontalier le plus récent entre les deux pays; un autobus de Sapa jusqu’à Dien Bien suivi d’un autre jusqu’au Laos et l’affaire serait dans le sac. Dans les faits, ç’a été toute une aventure. Attachez votre casque avec de la broche, on part !
D’abord, l’autobus de Sapa devait nous amener à Dien Bien en 6 à 8 heures. Le départ était prévu pour 7h30, avec possiblement un petit 5 minutes de retard. Quand on vous dit 5 minutes de retard au Vietnam, assoyez-vous bien confortablement, vous n’êtes pas prêts de partir ! À 8h30, on nous dit que l’autobus est trop gros pour aller dans la partie du village où nous sommes. On saute alors chacun sur une moto avec nos 25 kilos de bagages pour se rendre à l’autobus. On attend une autre demi-heure et on part vers 9h15.
La première portion du trajet se passe plutôt bien. Le décor montagneux est splendide, un peu cahoteux, sans plus. Puis, on arrive dans une section très boueuse qui ressemble à un chantier de construction ou une piste pour 4 roues motrices. Je rappelle que nous sommes dans un autobus local, pas du tout 4 roues motrices qui transporte, en plus de 20 passagers, environ 5 tonnes d’une espèce de fruit vert qui semble ratatiné.

On se fait barouetter dans tous les sens jusqu’à ce qu’on arrive à un endroit où la route est bloquée. Une pelle mécanique qui n’a pas l’air pressée de bouger se trouve au beau milieu de la route. On finit par avancer de 500m seulement pour découvrir un autre site de consctruction. Cette fois-ci, moins de chance, les 48 viets qui travaillent sur la structure ne laissent pas passer qui que ce soit. On attend presque 2 heures dans cet endroit magnifique sur le bord d’une rivière. Disons qu’on se serait contenté de prendre une photo !

On arrive finalement à Dien Bien Phu 14 heures plus tard, vers 22h30. Heureusement, on est rapidement devenus amis avec d’autres occidentaux, deux anglais et deux américains, dont un qui parle très bien le vietnamien. Dien Bien Phu est surtout connue pour son aspect historique; c’est ici que les Vietnamiens ont officiellement repris leur indépendance face aux coloniaux Français dans les années 50. Ceci dit, côté infrastructure touristique, c’est tranquille ! Après plusieurs longues minutes à traîner nos bagages dans les rues sombres, on finit par se trouver un endroit où loger et un endroit où manger une bonne Pho Bo (soupe au bœuf). C’est sur cette note que nous retrouvons notre lit pas si propre pour une nuit bien méritée.
Le lendemain matin, la ville est beaucoup plus active. Après qu’on se soit rendu compte que l’autobus pour le Laos ne passerait définitivement pas aujourd’hui, probablement pas demain ni l’autre demain, on engage deux taxis pour se rendre à la frontière. Rendus là, les deux taxis déguerpissent, nous laissant les six avec nos bagages à la section vietnamienne de la frontière. On sort du pays, tout va bien. Puis, les officiers nous annoncent que nous ne sommes pas au Laos encore, qu’il faut marcher un peu. Après 6 km de marche dans ce No Man’s Land, on arrive dans la portion boueuse laotienne.

On obtient nos visas sans trop de problème (les canadiens doivent payer plus cher que n’importe qui d’autre !) et on attend. On attend que quelque chose se passe. Nous sommes au Laos, dans cet endroit au paysage époustouflant, à l’infrastructure très moderne, mais il n’y a rien d’autre. Personne pour nous offrir un motorbike à toutes les 8 secondes, pas d’autobus, pas de cyclos, pas de taxis, rien. On attend. 2 heures plus tard, on décide de commencer à marcher, on nous dit qu’il y a un petit village 4 km plus loin. Puis, arrivent deux businessmen vietnamiens dans leur jeep 4X4 ultra sharp. On leur saute littéralement dessus pour qu’ils nous laissent embarquer avec eux. Après quelques négociations serrées, notre compagnie de 6 étrangers montent à bord, les uns sur les autres avec nos bagages au travers.

On se lance dans cette route et on comprend très rapidement pourquoi aucun autre transport n’ose s’aventurer jusqu’à la frontière. La route a l’air d’un glissement de terrain de 70 km de long parsemé de rivières ! Au bout d’environ 8 minutes 17 secondes, on a un pneu crevé. On s’arrête au milieu du fameux petit village où on devait se rendre à pied. Une vingtaine de petits Laotiens de tous âges viennent voir de plus près la soucoupe volante qui vient d’atterrir dans leur petit village.

Un nouveau pneu et un Red Bull plus tard, nous voilà reparti. On fait environ 7,4 km et on arrive à une rivière. Oui oui, une rivière qui traverse la route. Pas un ruisseau, une rivière.

Un type édenté assis sur le bord semble trouver ça ben drôle et nous dit qu’il y a de l’eau jusqu’à la taille au milieu ! Qu’à cela ne tienne, notre chauffeur intrépide plonge et réussit la traversée du premier coup. On monte des pentes qui semblent impossibles à monter, on franchit 3 autres rivières, on glisse, on s’arrête pour prendre une photo de ce décor hallucinant. On arrive finalement sains et saufs à Muang Khua.

Au souper, autour de notre première Beer Lao, on discute avec nos nouveaux amis. On se dit qu’on aurait payé un tour organisé pour vivre une expérience de cette intensité.

On ne peut recommander à personne de traverser la frontière à cet endroit, mais on est tous très contents de l’avoir fait. Hier, on a pris un bateau jusqu’ici, à Nong Khiaw, un endroit paisible où l’on dort dans un super bungalow avec vue sur la rivière pour 4$ la nuit. Comme le dit la chanson: hàa, sii, saam, sawng, neung, Laos!
D’abord, l’autobus de Sapa devait nous amener à Dien Bien en 6 à 8 heures. Le départ était prévu pour 7h30, avec possiblement un petit 5 minutes de retard. Quand on vous dit 5 minutes de retard au Vietnam, assoyez-vous bien confortablement, vous n’êtes pas prêts de partir ! À 8h30, on nous dit que l’autobus est trop gros pour aller dans la partie du village où nous sommes. On saute alors chacun sur une moto avec nos 25 kilos de bagages pour se rendre à l’autobus. On attend une autre demi-heure et on part vers 9h15.
La première portion du trajet se passe plutôt bien. Le décor montagneux est splendide, un peu cahoteux, sans plus. Puis, on arrive dans une section très boueuse qui ressemble à un chantier de construction ou une piste pour 4 roues motrices. Je rappelle que nous sommes dans un autobus local, pas du tout 4 roues motrices qui transporte, en plus de 20 passagers, environ 5 tonnes d’une espèce de fruit vert qui semble ratatiné.

On se fait barouetter dans tous les sens jusqu’à ce qu’on arrive à un endroit où la route est bloquée. Une pelle mécanique qui n’a pas l’air pressée de bouger se trouve au beau milieu de la route. On finit par avancer de 500m seulement pour découvrir un autre site de consctruction. Cette fois-ci, moins de chance, les 48 viets qui travaillent sur la structure ne laissent pas passer qui que ce soit. On attend presque 2 heures dans cet endroit magnifique sur le bord d’une rivière. Disons qu’on se serait contenté de prendre une photo !

On arrive finalement à Dien Bien Phu 14 heures plus tard, vers 22h30. Heureusement, on est rapidement devenus amis avec d’autres occidentaux, deux anglais et deux américains, dont un qui parle très bien le vietnamien. Dien Bien Phu est surtout connue pour son aspect historique; c’est ici que les Vietnamiens ont officiellement repris leur indépendance face aux coloniaux Français dans les années 50. Ceci dit, côté infrastructure touristique, c’est tranquille ! Après plusieurs longues minutes à traîner nos bagages dans les rues sombres, on finit par se trouver un endroit où loger et un endroit où manger une bonne Pho Bo (soupe au bœuf). C’est sur cette note que nous retrouvons notre lit pas si propre pour une nuit bien méritée.
Le lendemain matin, la ville est beaucoup plus active. Après qu’on se soit rendu compte que l’autobus pour le Laos ne passerait définitivement pas aujourd’hui, probablement pas demain ni l’autre demain, on engage deux taxis pour se rendre à la frontière. Rendus là, les deux taxis déguerpissent, nous laissant les six avec nos bagages à la section vietnamienne de la frontière. On sort du pays, tout va bien. Puis, les officiers nous annoncent que nous ne sommes pas au Laos encore, qu’il faut marcher un peu. Après 6 km de marche dans ce No Man’s Land, on arrive dans la portion boueuse laotienne.

On obtient nos visas sans trop de problème (les canadiens doivent payer plus cher que n’importe qui d’autre !) et on attend. On attend que quelque chose se passe. Nous sommes au Laos, dans cet endroit au paysage époustouflant, à l’infrastructure très moderne, mais il n’y a rien d’autre. Personne pour nous offrir un motorbike à toutes les 8 secondes, pas d’autobus, pas de cyclos, pas de taxis, rien. On attend. 2 heures plus tard, on décide de commencer à marcher, on nous dit qu’il y a un petit village 4 km plus loin. Puis, arrivent deux businessmen vietnamiens dans leur jeep 4X4 ultra sharp. On leur saute littéralement dessus pour qu’ils nous laissent embarquer avec eux. Après quelques négociations serrées, notre compagnie de 6 étrangers montent à bord, les uns sur les autres avec nos bagages au travers.

On se lance dans cette route et on comprend très rapidement pourquoi aucun autre transport n’ose s’aventurer jusqu’à la frontière. La route a l’air d’un glissement de terrain de 70 km de long parsemé de rivières ! Au bout d’environ 8 minutes 17 secondes, on a un pneu crevé. On s’arrête au milieu du fameux petit village où on devait se rendre à pied. Une vingtaine de petits Laotiens de tous âges viennent voir de plus près la soucoupe volante qui vient d’atterrir dans leur petit village.

Un nouveau pneu et un Red Bull plus tard, nous voilà reparti. On fait environ 7,4 km et on arrive à une rivière. Oui oui, une rivière qui traverse la route. Pas un ruisseau, une rivière.

Un type édenté assis sur le bord semble trouver ça ben drôle et nous dit qu’il y a de l’eau jusqu’à la taille au milieu ! Qu’à cela ne tienne, notre chauffeur intrépide plonge et réussit la traversée du premier coup. On monte des pentes qui semblent impossibles à monter, on franchit 3 autres rivières, on glisse, on s’arrête pour prendre une photo de ce décor hallucinant. On arrive finalement sains et saufs à Muang Khua.

Au souper, autour de notre première Beer Lao, on discute avec nos nouveaux amis. On se dit qu’on aurait payé un tour organisé pour vivre une expérience de cette intensité.

On ne peut recommander à personne de traverser la frontière à cet endroit, mais on est tous très contents de l’avoir fait. Hier, on a pris un bateau jusqu’ici, à Nong Khiaw, un endroit paisible où l’on dort dans un super bungalow avec vue sur la rivière pour 4$ la nuit. Comme le dit la chanson: hàa, sii, saam, sawng, neung, Laos!
Commentaires
Je vous aime.
À bientôt. xxx
Ari
On le recommande à personne, mais on est content de l'avoir fait. Très bon passage!!!
Portez-vous bien!
Bizous...
Ben et Annie