Laos 2



In the tubing, Vang Vieng, Laos

Gonflés à bloc, assis sur un tube, une trippe ou une chambre à air démesurée (celui que vous voulez), on tente de se frayer un chemin et de quitter la rive de la rivière Nam Son, à Vang Vieng. Les jeunes Anglais en rut ont clairement pris possession de l’endroit. Qu’à cela ne tienne, on réussit à attraper le courant du gros orteil et on décampe ! Il est rapide ce courant, très rapide. Ayant à peine le temps d’ouvrir les yeux sous cette pluie torrentielle, on reçoit une corde par la tête nous invitant amicalement à s’arrêter au bar du coin pour prendre un verre. On s’arrête quelques instants au travers de cette joyeuse faune de jeunes en camisole. Avec notre chaudière de Vodka- Red Bull en main, on comprend très rapidement d’où vient l’expression « il mouille à boire debout » ! On finit notre succulent bucket au son de « wooooo, your sex is on fire » et on replonge.

Le regard un peu flou, plein de brume dans nos lunettes, on continue. Oh, pas très loin, 200m au plus. Les beach boys de fond de jungle accompagnés de leur Jane en bikini trempé gardent la cadence et ont la couenne dure. Qu’il pleuve ou qu’il mouille, ça ne les arrêtera certainement pas et nous non plus ! On les accompagne au son enragé de « now you do what they told you »… vous connaissez la suite, dans le même registre musical que le premier endroit. Une Beerlao et quelques pirouettes dans la bouette plus tard, on attrape le tube le plus près et on repart à la dérive. Euphoriques, un peu plus au sec, on tournoie, admirant finalement le paysage montagneux des alentours. L’aventure du tubing de Vang Vieng aura duré deux heures tout au plus, mais quelle aventure !

Réflexions de fin de soirée, à Don Det, Laos

Sous le regard attentif d’une chandelle écrivaine n’ayant plus les mots, je réfléchis. Je me laisse bercer tranquillement dans un simple hamac, à l’aube d’une lune trop absente. Le doux sifflement de la rivière Mekong semble avoir endormi sous son charme toute âme ayant osé s’aventurer si près. Mon corps résiste, rebelle retardataire ayant perdu sa cause en appel, au 3e round. Sans conviction, une pluie timide s’évapore dans un air humide sans lumière. Oui, il existe encore bel et bien un endroit sur cette planète que les kilowatts, esclaves de l’humain toujours plus gourmand, n’ont pas encore pris d’assaut. Dans une ère où télé HD, Internet giga-vitesse, autoroute de la désinformation de masse et autres merveilles du genre semblent régner, un petit nombre d’îles du sud du Laos résistent, bien malgré elles. On les appelle Si Phan Don, les 4000 îles. À 22h chaque soir, les génératrices se taisent et font place à une trame sonore beaucoup plus délicate. Les étoiles viennent jaser avec la lune pendant que le Mékong fait un solo de ruissellement. Les crickets du fond des bois ne tardent pas à se manifester et viennent ce joindre à ce concert sublime.
Puis les enfants de l’endroit, amis des buffles d’eau, des chats sans queue et autres créatures marines, éteignent leurs torches. Ils courent sous leur filet anti-moustique où ils pourront dormir paisiblement. Derniers témoins d’un monde sans électricité, ils sont chaque nuit les acteurs d’un théâtre qui ne vit maintenant que dans l’imaginaire du monde occidental. Tout simplement, ils regardent les milliers de volts des éclairs d’un orage imminent se déchaîner au loin.

Les photos de nos derniers jours au Laos sont ici.

Commentaires

Anonyme a dit…
Wow quelle aventure vous vivez!!! Les 4000 îles c'est vraiment impressionnent. Bizou ma soeurette, je t'aime

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