Emerald (suite et fin)

(For our English friends, english follows, a part of it anyway!) Après huit semaines, nous venons tout juste de quitter Emerald et ses melons. Chaque jour pour aller au travail ou pour aller « en ville », il fallait tourner à droite sur la grande route. Avant-hier, nous avons finalement tourné à gauche ! Au 25352 Capricorn Highway, en plein sur le tropique du capricorne, nous avons vécu toute une expérience. Au départ, l’idée de venir à Emerald était de sauver un peu de sous pour faire notre cours de plongée et de continuer notre route plus au Nord pour se trouver un autre emploi. Puis, on s’est rendu compte que la réalité du travail en Australie avait changé dans les derniers mois. À peu près tout le monde qu’on a rencontré qui arrivait des quatre coins de l’Australie n’avait pas réussi à se trouver d’emploi ailleurs. On s’est dit que les melons n’étaient pas si mal après tout et on a fait la saison au complet. Aussi, au-delà du travail lui-même, je pense que ce sont les gens avec qui on était qui ont rendu cette aventure si trippante.

Une vingtaine de jeunes de partout dans le monde, surtout de l’Angleterre, dans le milieu de nulle part. Plusieurs échanges. Du sac de nouilles périmés au steak de 3 pouces le jour de la première paie. De la cruche de goon à la bouteille de vin pour les occasions spéciales. De la magnifique grenouille verte aux horribles crapauds. Entre la tente humide et notre appartement baptisé « Civilisation ». De la simplicité volontaire, en passant par le riz gratuit au ketchup. On se sent obligé de tourner à droite chaque matin. On sait qu’on a le choix de tourner à gauche pour passer à autre chose. On choisit de rester. On agrandit notre jardin chaque jour. Société à l’état microscopique, en cinq langues, à plusieurs paliers, à l’endroit et souvent à l’envers, surtout à l’extérieur, bien au chaud. Certains endormis dans un parc sans trop savoir où ils sont, d’autres en prison pour avoir uriner derrière un bar. D’une bonbonne de propane à deux doigts d’exploser à la fabrication d’un mini-cinéma pour le plaisir de la chose. À mi-conscient, l’œil entr’ouvert, melons en mains, rêves pleins la tête, nous nous questionnons à propos de cette grande société qui perd un peu de son sens vu d’ici et nous formons la nôtre. Deux jours, deux semaines ou deux mois. Seuls ou en groupe, nous devenons plus libre d’une heure à l’autre. Plus riches de 17$, mais de tellement plus.

Voilà ! Maintenant on a un mois de « vacances » en Australie. On va faire Fraser Island ce mardi avec des amis melon pickers. Après, on va remonter la côte là où il fait plus chaud pour faire notre cours de plongée et voir la grande barrière de corail de plus près. Après, on vend notre van et on s’en va plus au Nord encore, en Asie du Sud-Est pour plus de trois mois. Ah oui, notre van a changé de look pas mal, vous irez voir nos photos.


20 young people from all over the world, most of them from England, in the middle of nowhere. Many exchanges. From the not so fresh bag of two-minutes noodles to the 3 inch thick steak on pay day. From the goon sack to the fancy wine bottle for special occasions. From the wonderful frog to the hideous toad. Between the humid tent and our "Civilisation". From the voluntary simplicity to the free ketchup rice. We feel like we have to turn right every morning. We know that we have the choice to turn left at any time to move on. We chose to stay. We increase the size of our garden. Microscopic society, in five languages, on many levels, in the right place but often up side down, mostly outdoors but always warm. Some asleep in a park without knowing what’s going on, others in a prison cell after urinating behind a bar. From a propane bottle about to explode to our homemade mini-cinema. Half conscious, our eyes half open, melons in our hands, our heads full of dreams, we question ourselves about this big society that loses its sense seen from here and we form our own. For two days, two weeks or two months. Alone or in a group, we are more free each hour. $17 richer, but so much more.

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